Mise à jour 26 août 2026 – Comment écrire pour être lu? On n’écrit pas pour le web comme on écrit pour un livre et on ne lit pas non plus de la même manière. Depuis les années 1990, les recherches en lisibilité arrivent toujours au même constat: on lit nettement plus lentement à l’écran et on compense en ne lisant pas vraiment. On balaie. On parcourt les deux premières lignes, on descend le long de la marge de gauche, on s’arrête sur ce qui ressemble à un titre, à un lien ou à un chiffre et on décide en quelques secondes si cette page répondra à la question. Sinon, on repart, le plus souvent vers les résultats de recherche d’où l’on venait.
Cette personne pressée est votre premier public. Le deuxième est là depuis trente ans, c’est le robot d’indexation (Google), qui ne voit ni votre mise en page ni votre belle photographie et qui se fait une idée de votre page à partir de vos titres, de vos liens et de vos textes. Le troisième n’a que quelques années: l’IA, le moteur de réponses. Les aperçus IA de Google, ChatGPT, Claude et Perplexity n’envoient plus quelqu’un lire votre page: ils la lisent eux-mêmes, en tirent une phrase et la présentent à une personne qui, elle, n’ira peut-être jamais chez vous.
La bonne nouvelle, pour une petite équipe de communication, c’est que les trois publics veulent la même chose.
Décider avant d’écrire
Le conseil le plus utile est aussi le moins bien reçu: publiez moins. La plupart des sites d’organisme ne manquent pas de contenus, ils s’y noient. Le contenu n’est jamais gratuit: une page publiée aujourd’hui est une page que quelqu’un devra réviser l’année prochaine. Une fois décidé qu’une page doit exister, réglez deux choses. L’objectif: qu’est-ce qui devrait avoir changé après la lecture? Pas « informer le public » — quelque chose de vérifiable, comme une personne intéressée comprend qu’il est admissible à X programme et comment s’inscrire. Et le public: pour qui est cette page et que faisait cette personne cinq secondes avant d’arriver? Une page trop générale n’est écrite pour personne.
Donner la réponse en premier
Les journalistes travaillent ainsi depuis un siècle. L’écriture institutionnelle fait l’inverse: elle commence par la genèse du programme et la liste des partenaires et n’arrive au fait qu’au quatrième paragraphe. Sur papier, cela passe pour de la rigueur. À l’écran, cela passe pour une page sans réponse. Employez ensuite des mots ordinaires: « pour » plutôt que « dans le but de », « commencer » plutôt que « procéder au lancement ». La lourdeur n’est pas de la précision. Préférez la voix active: « nous vous répondrons dès que votre demande sera traitée » dit qui agit, « les demandes seront traitées et les personnes informées » le cache. Dites « vous » et « nous ». Gardez les paragraphes courts.
Donner aux machines une structure honnête
Un robot d’indexation (Google) et un lecteur d’écran utilisé par les personnes ayant des difficultés de lectures, ont le même handicap: ni l’un ni l’autre ne voit. Ce qui est bon pour l’accessibilité est bon pour la découvrabilité — le travail est fait une seule fois. Un seul H1 par page. Les niveaux de titre forment un plan, pas des tailles de police: ne choisissez jamais un H4 parce que le H3 « a l’air trop gros ». Si vous souhaitez changer la taille de vos titres, écrivez-nous. Des textes de lien qui disent où ils mènent: « Lisez notre rapport annuel 2025 », pas « cliquez ici ». Et un texte de remplacement qui dit ce que l’image apporte.
Être citable
Google est très clair au sujet des réponses générées par l’IA: il n’existe aucune optimisation particulière. Les pages qui se font citer étaient déjà claires et déjà dignes de confiance. Datez vos contenus. Donnez des chiffres et nommez les sources. Écrivez des phrases qui gardent leur sens une fois sorties de leur paragraphe, parce que c’est exactement ce qui va leur arriver.
Puis allez voir Google Search Console, une fois par mois. C’est la seule plateforme gratuite dont vous disposez pour voir quels mots-clés les gens ont cherchés sur Google pour trouver votre site.
Conclusion
Voilà les bases. Pour aller en profondeur, suivez notre formation Writing for the Web: Be Read, Be Found, Be Cited (en anglais), sept courts modules sur l’écriture pour le web. Et si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous écrire à info@zaa.cc.
